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Chasing Napoleon au Palais de Tokyo : une exposition où il est difficile de cerner la cohérence entre les œuvres

Le point de départ de Chasing Napoléon est la cabane d’Unabomber, reproduite à l’identique par l’artiste Robert Kusmirowsk. Pour information, Unabomber, de son vrai nom Theodore Kaczynski, a semé la panique aux Etats-Unis pendant près de 20 ans. La traque d’Unabomber est restée dans les annales comme la chasse à l’homme la plus coûteuse de l’histoire du FBI. Theodore Kaczynski se persuade des dangers du progrès technologique et de la croyance aveugle dans l’avènement d’une société complètement industrielle aux Etats-Unis. Il décide alors de se retirer dans la nature où il habitera dans une cabine qu’il fabriquera lui-même, vivant de chasse et de cueillette. Mais son paradis perdu se faisant détruire petit à petit par les promoteurs, il décide de se venger et commence sa campagne de terreur qui durera 20 ans. En 1978, il envoie son premier colis piégé à un professeur d’université, colis qui blessa un policier. Suivront de nombreux autres colis frappant professeurs et magasins d’informatique, publicitaires, compagnies aériennes ou encore le président de l’Association de sylviculture de Californie tué en 1995. Il fut finalement arrêté en 1996 dans une petite cabane du Montana.

Autour de cette relique, Gardar Eide Einarsson et John Tremblay placardent des portraits-robots de l’homme en fuite, « wanted ». Comme un écho, Christoph Büchel reconstitue grandeur nature le terrier où Saddam Hussein s’était caché en vain après sa débâcle. Une bonde d’évier Robert Gober et un tuyau de ventilation Charlotte Posenenske proposent d’autres issues, into the wild.

Dans un autre registre, on découvre des œuvres de Paul Laffoley, artiste américain qui s’intéresse au monde, à l’univers, au voyage dans le temps et à la religion. Les tableaux ressemblent fortement à des messages divinatoires, difficiles à comprendre. On peut facilement passer une heure à décrypter chaque centimètre carré des toiles, très riches.

Enfin, la deuxième partie de l’exposition révèle des paysages inquiétants et des phénomènes paranormaux. Les rues de Reykjavik photographiées par Dieter Roth défilent intégralement en 33.000 diapositives. On croise un bureau plongé dans l’hiver nucléaire par Micol Assaël. Des plantes se propagent derrière les murs Ryan Gander, la même personne est foudroyée à plusieurs reprises David Fincher, l’argent part en fumée Tony Matelli, la bande-son de l’exposition n’est audible que par les chiens Dave Allen.

En résumé, les œuvres brillent par leur caractère innovant et spectaculaire. Cependant, on n’identifie pas la cohérence entre chacune d’elles, si ce n’est qu’elles partagent la même date de création, 1977 . 1977 est donc une année clé, année où  Unabomber projette de semer le chaos, où Laffoley achève de mettre sur toile sa vision des sciences occultes et où Roth entame le projet insensé de photographier chaque parcelle de Reykjavik. Ainsi, sans explication, le message des œuvres nous laisse indifférent. Une recommandation : se documenter avant de venir …ou après avoir vu l’expo!

Infos pratiques :
Du Jeudi 15 octobre 2009 au 17 janvier 2010
De midi à minuit, tous les jours sauf le lundi
13 av. du Président Wilson
Paris 75016
Métro : Iéna
http://www.palaisdetokyo.com/

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1 commentaire

  • Répondre Bam 27/10/2009 at 00:08

    Très bon article, qui explicite et donne une liste exhaustive des oeuvres de l’expo du Palais de Tokyo! C’est vrai qu’entre le manque d’affichage flagrant, les problèmes techniques rencontrés sur le lieu… on perd facilement le fil de l’exposition!

    A part ça, il est certain que les peintures de Lafolley sont de pures merveilles au niveau graphique en plus d’être chargés de symboliques… des notions d’alchimie, de philosophie, d’astrologie, de religions sont reprises… ce mec aurait pu faire des jaquettes d’albums de heavy metal ou de rock psyché…

    bonne continuation honey!

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