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Chronique Culture du 17 juillet

18/07/2020

Au mois de juillet, je vous propose une petite chronique culture hebdo sur Franceinfo ! Cette semaine, à l’occasion des vacances estivales, voici plusieurs lieux en France qui méritent le détour.

Le majestueux phare d’Eckmühl situé à la pointe de Penmarc’h dans le Finistère. Inauguré à la fin du XIXe siècle, il mesure 65 mètres de haut, comporte 307 marches et il a la particularité d’être décoré comme un palais. Alors son nom intrigue, pourtant il n’a pas de consonance bretonne… La bâtisse rend hommage au prince d’Eckmühl, le maréchal Louis Nicolas Davoux, bras droits de Napoléon, qui a participé à toutes ses grandes batailles. Sa fille, pour honorer sa mémoire, décide de léguer 300 000 francs à la construction d’un phare et souhaite ainsi racheter les vies perdues grâce au sauvetage des marins. Son unique souhait : des matériaux nobles et inaltérables comme la pierre de Kersanton ou encore l’opaline pour que le phare puisse traverser les époques. La nuit, toutes les cinq secondes, on peut apercevoir son faisceau lumineux à 50 kilomètres à la ronde.

Je vous emmène maintenant dans un village de peintres sur les traces d’un célèbre tableau… Nous allons à Barbizon, en Seine-et-Marne, dans la maison atelier du peintre français le plus connu à l’étranger : Jean-François Millet. Il est le chef de file de l’école de Barbizon, ces peintres qui aimaient peindre en plein air et d’après nature dans la forêt de Fontainebleau. Il est notamment connu pour son œuvre : L’Angélus. On a tous en tête ce tableau car il a énormément été reproduit. Il va même jusqu’à fasciner l’artiste Salvador Dalí qui affirme que les paysans figurant sur le tableau n’étaient pas simplement en prière à la suite de l’Angélus mais qu’ils se recueillaient devant un petit cercueil.  Une théorie confirmée par une radiographie du tableau réalisée par le Louvre. Aujourd’hui, on peut visiter l’endroit où il a vécu et travaillé et notamment là où il a élaboré ses principaux chefs-d’œuvre. La maison atelier conserve de nombreux objets du maître et de ses contemporains.

On reste dans les maisons d’artiste mais cette fois c’est à Paris et plus précisément à Pigalle que l’on découvre, chose rare, une jolie maison de campagne. Ce lieu, c’est le musée de la Vie romantique, situé dans le quartier de La Nouvelle Athènes. Installé dans la maison du peintre Ary Scheffer, construite en 1830, le musée met à l’honneur l’époque romantique avec notamment le rez-de-chaussée de la maison entièrement consacré à George Sand avec ses portraits, meubles, et bijoux des XVIIIe et XIXe siècles. Le musée propose également en ce moment une exposition temporaire  « Cœurs. Du romantisme dans l’art contemporain ». On y découvre une sélection de cœurs d’artistes en résonance avec les collections permanentes du musée. Quarante œuvres de trente artistes contemporains (comme Pierre et Gilles, Niki de Saint Phalle, Annette Messager ou encore Jean-Michel Othoniel) sont exposées autour d’un même thème : la représentation du cœur comme symbole de l’amour universel et aussi comme expression de la création. Un voyage qui se poursuit dans les jardins du musée où je vous recommande également le salon de thé, véritable havre de paix.

On reste à Paris et cette fois on retrouve un jeune illustrateur qui maîtrise l’humour noir à merveille et qui s’est fait connaître grâce aux réseaux sociaux. C’est Joan Cornellà qui est de retour à Paris à la galerie Arts Factory. Il y a trois ans, il avait attiré 25 000 visiteurs en deux mois. Il  est né à Barcelone en 1981 et il s’est fait connaître en publiant des images et des petites histoires sur les réseaux sociaux. Il fédère aujourd’hui 7 millions d’abonnés et dans les arts visuels, seul Banksy en rassemble davantage. Suicide, infanticide, racisme, pauvreté, handicap, maladies et mutilations en tout genre … l’artiste espagnol rit de tout pour mieux pointer du doigt les inégalités et la violence de l’époque. Ses critiques les plus acerbes sont le plus souvent dirigées vers le narcissisme de notre vie numérique. Il excelle à dénoncer l’individualisme et la violence de nos sociétés en forçant le trait comme on peut le voir jusqu’à l’absurde. Dans la période que nous traversons : rire, même rire jaune, peut vraiment être salutaire.
Voir mon sujet sur Joan Cornellà.

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