Expositions, Interviews

Portrait de l’artiste peintre Hom Nguyen

Hom Nguyen est un génie de la peinture. On le retrouve dans son atelier à Saint-Ouen. Reconnaissable avec son trait dynamique et instinctif, il est le père d’une technique où la liberté gestuelle s’apparente à du street art. Ses portraits prennent forme au fur et à mesure que le trait évolue dans l’espace.

Il est autodidacte et se définit comme instinctif et vif. Il utilise de nombreuses matières relativement différentes telles que l’huile, le stylo, le feutre gouache et le fusain. Il réalise la plupart de ses œuvres sur toile au pinceau, stylo et couteau. Spécialisé dans le portrait, il s’est fait connaître via les réseaux sociaux notamment grâce à Facebook et Instagram.

Son parcours est atypique : de vendeur de chaussures à artisan réalisant des patines pour chaussures, il est aujourd’hui un peintre qui compte. Il prépare en ce moment même dans son atelier une oeuvre monumentale qui sera exposée en avril lors de l’édition 2018 de la foire d’art contemporain « Art Paris Art Fair » au Grand Palais.

11 expositions sont à venir, dont une personnelle à Bangkok en mars 2018 avec la galerie A2Z. C’est justement à la galerie que nous retrouvons Anthony Phuong, l’un des deux fondateurs représentant Hom depuis 2014. Via un espace de 300 m² répartis sur 5 étages, A2Z Art Gallery soutient des artistes internationaux, en particulier asiatiques, dans leurs créations. Leurs objectifs : démocratiser l’art et développer les échanges humains et culturels entre l’Asie et la France.

En plein boom de la préparation de l’exposition personnelle de Hom, Anthony Phuong revient sur son choix de représenter Hom. Spécialisé dans le portrait, il y a une double lecture dans les oeuvres exposées de l’artiste. Au premier regard, la peinture semble très abstraite. Il est d’abord difficile de distinguer visages, mains et corps. Puis les contours se dessinent progressivement. Ce jeu avec les ombres nous oblige à prendre notre temps, à comprendre et à se questionner. Cette interactivité naturelle omniprésente est d’autant plus forte qu’imposée pour bien apprécier les portraits. Bien souvent les contours des portraits prennent vie dernière un écran (appareil photo, caméra ou téléphone portable). Cette particularité serait due à un problème oculaire de l’artiste.

Hom anime également un atelier dessin auprès d’enfants et d’adolescents au sein du service psychiatrique du professeur David Cohen à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Probablement lié à la maladie de sa mère et à son habitude du milieu hospitalier, il cherche à aider des enfants qui ont vécu comme lui des événements traumatisants. Dans le cadre de cet atelier dessin, Hom respecte un protocole mis en place par le professeur David Cohen. Le dessin utilisé comme art-thérapie permet d’accéder à des sentiments enfouis et des émotions refoulées.

Hom ne cesse de questionner ses origines. Ainsi il est très important pour lui d’être impliqué dans la vie locale de la communauté asiatique à Paris, notamment dans le 13ème. Nous partons avec lui à la rencontre des habitants de l’arrondissement dont le responsable de Pho Bida, une cantine familiale vietnamienne. Le maire du 13ème lui a également proposé de réaliser une fresque murale.

Hom, enfant de réfugiés au parcours atypique, est le symbole d’une réussite possible. Sans avoir fait d’école de dessin, il est devenu un artiste à part entière. Conscient de son histoire, il s’implique comme artiste et citoyen.

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