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Edward Hopper, peintre de la solitude

Une femme seule dans sa chambre
Un homme seul à sa fenêtre
Un couple qui s’ignore
Une distanciation sociale
Des rues désertes

À l’heure de la pandémie du Covid-19, les tableaux de Hopper se retrouvent nombreux à être exposés sur les réseaux sociaux. Pourquoi ?

« We are all Edward Hopper paintings now » / « Nous sommes tous des peintures d’Edward Hopper maintenant » a publié sur Twitter Michael Tisserand, écrivain américain.

Un tweet devenu très vite viral avec des centaines de milliers de likes également repris et analysé par le critique d’art Jonathan Jones pour The Guardian.

Son inquiétude : si nous vivons tous maintenant dans des tableaux de Hopper, une crise de la solitude est imminente, ce qui peut être l’une des conséquences sociales les plus lourdes du Covid-19. La perte de contacts humains pourrait s’avérer catastrophique… C’est du moins ce que Hopper nous laisse penser.

Edward Hopper est né à New York en 1882 et prend de plein fouet la crise américaine de 1929.

12 millions de personnes se retrouvent dans la misère. Une période maudite qui laisse des traces dans sa peinture.

Dans les œuvres de Hopper, on retrouve des couleurs inquiétantes, une solitude troublante et une mélancolie qui mettent mal à l’aise.

Les personnages ont l’air pris au piège dans les limites du tableau. Comme ce pompiste résigné qui attend un client qui n’arrivera jamais. 

Sonore du commissaire : 

« Il montre toujours des gens seuls, qui semblent plongés dans leurs pensées, qui font des choses que l’on ne voit pas. Et ça crée une attente comme s’il allait se passer quelque chose au-delà du tableau. »

C’est à New York, dans son atelier de Greenwich Village, qu’il a peint la plupart de ses chefs-d’œuvre. Atteint de surdité, il peint le silence, des scènes réalistes mais totalement imaginaires.

« Difficile de vous dire comment me vient l’inspiration mais c’est comme un lent processus, une lente gestation dans ma tête qui aboutit à une émotion. »

Ses œuvres mystérieuses inspirent également le cinéma.

Alfred Hitchcock, l’un des plus grands fans du peintre, a repris La Maison près de la voie ferrée (1925) comme modèle pour la demeure de Psychose (1960).

Dans Shirley – Un voyage dans la peinture d’Edward Hopper treize de ses tableaux prennent vie et restituent le contexte social, politique et culturel de l’époque à travers le regard du personnage féminin, Shirley, inspiré de Joséphine, son épouse et unique modèle.

Plus récemment, c’est le réalisateur allemand Wim Wenders, fan du peintre américain, qui nous plonge littéralement dans l’univers pictural de l’artiste dans un court-métrage en 3D intitulé Deux ou trois choses que je sais sur Edward Hopper.

Sonore de Wim Wenders :

« Il fait des cadrages qu’on ne connaît pas dans la peinture. C’est des cadrages… Même le format c’est cinémascope ou un écran large. »

Des scènes qu’on peut tout de même considérer comme optimistes car même les personnages les plus isolés sont empreints d’une âme, d’une beauté, révélées par une sublime luminosité.

Essayons de nous inspirer des peintures de Hopper, profitons de l’instant, du silence et de la lumière et tâchons d’avoir la mélancolie heureuse…

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